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Nos étudiants en Finale de la Coupe de France de Rallye !

Nos étudiants en Finale de la Coupe de France de Rallye !

Deux étudiants, en Finale de la Coupe de France de Rallye !

Guillaume Mercoiret BTS MUC 1ère année co-pilote
Romain Durand BAC+4 pilote

Comment en êtes-vous venus au Rallye et êtes-vous devenus pilote et co-pilote ? Quelle est l’histoire de votre duo ?
Guillaume Mercoiret : Avec Romain on était au lycée ensemble, simplement amis de classe. Moi je ne connaissais pas le rallye, je n’étais jamais allé voir une course et c’est en buvant un café avec Romain qu’il m’a dit qu’il ne trouvait pas de co-pilote et je me suis proposé. On devait réunir une certaine somme d’argent pour s’acheter les équipements, le casque, la combinaison, la licence etc… Et j’ai donc démarché tous les commerçants de mon village à Saint Jean du Gard. En une semaine, j’ai réussi à récolter la somme nécessaire.
Il avait 18 ans j’en avait 17 et on s’est lancé. On vient de terminer notre 4ème saison.
On a commencé par des petites voitures et aujourd’hui, depuis 2ans on roule sur une voiture d’usine de compétition fabriquée par Renault Sport, une Clio 3 R3.

Avez-vous gagné des prix ?
GM : Oui, on a gagné des classes. Il y a un classement général et en fonction de la catégorie de la voiture on gagne des classes. On a gagné notre classe plusieurs fois. Chaque année il y a une détection à Nîmes et cette année Romain y a participé. Ça s’appelle Rallye Jeune, en libre accès pour tous les jeunes de moins de 25 ans et les 2 meilleurs gagnent une sélection pour les Championnats de France. Il a terminé 7eme sur près de 3 500 participants. Il a échoué juste avant la dernière étape pour 35 millièmes de secondes. Auparavant, Romain a déjà été sélectionné une fois parmi les 20 derniers finalistes. Il n’a donc pas gagné Rallye Jeune mais nous avons quand même décidé de monter un projet pour participer au championnat des rallyes junior avec notre propre équipe.
En termes de visibilité et d’apprentissage de la conduite c’est vraiment un tremplin. C’est réellement un vecteur de progrès. Maintenant il va falloir travailler pour ça.

Le rallye où vous avez fini deuxièmes juniors, est-ce que tu peux nous en parler ?
GM : Alors, dans chaque région de France et sur tous les rallyes régionaux, on marque des points et les 15 meilleurs de chaque région sont qualifiés pour aller faire une manche commune pour s’affronter à la finale de la Coupe de France des Rallyes. Et nous avons été suffisamment bien classés pour être qualifiés nous sommes donc allés se confronter à la concurrence nationale à Chalon-sur-Saône, pour cette finale en coupe de France. Et chaque année la finale se déplace, l’année dernière nous étions à celle de Marseille, l’année prochaine elle se déroulera dans le Tarn.

Arrivez-vous à gérer les différents emplois du temps, entre les études à l’école, le travail et votre vie personnelle ?
GM : C’est difficile, et ça va l’être de plus en plus pour moi. Romain étant en alternance dans l’entreprise de ses parents il s’adapte plus facilement. De mon côté c’est un peu plus compliqué avec mon supérieur d’arriver à s’organiser. Les finales se déroulent sur une semaine donc ça demande beaucoup d’organisation entre les congés et tout ça. Et je suis alternant dans le domaine de la piscine, du coup il y a vraiment des périodes de l’année où il est plus difficile d’être disponible. Entre juin et septembre c’est la haute saison. Ça demande une bonne négociation avec mon patron. Cet hiver je pense pouvoir continuer le rallye et les courses.

A l’avenir, quels sont tes objectifs pour le rallye ?
GM : Nous avons pour projet l’an prochain de participer au championnat de France junior avec une Ford Fiesta R2J. C’est une coupe qui est composée de six épreuves, trois rallyes terres, trois rallyes asphalte. C’est une coupe qui permet de détecter les jeunes équipages et qui permet, en cas de victoire, d’entrer dans une équipe professionnelle. Autant vous dire que ça fait rêver. Maintenant c’est un gros projet qui va demander beaucoup d’investissement, notamment financier. On va donc travailler à la recherche de partenaires, c’est un beau défi !

En parlant voiture, qu’elle a été votre premier véhicule ?
GM : Alors il faut savoir qu’il y a des groupes et des catégories pour les voitures. Les groupes c’est N pour normale par exemple, ou R pour rallye. Les voiture dites R sont des voitures qui ont été créées spécialement pour le rallye. Et c’est l’orientation que nous avons prise : des voitures de compétition. On a commencé sur une toute petite voiture Saxo VTS Citroën en catégorie N2, ensuite on est passé sur une Twingo Renault catégorie R2 et maintenant on est sur une Clio Renault en catégorie R3. La prochaine étape c’est la R5, une voiture de catégorie supérieure mais c’est un tout autre budget et ce n’est pas pour tout de suite (rires).

Et en termes de fréquence, qu’est-ce que cela représente ? Vous vous entrainez quand, comment ?
GM : Pour ce qui est des essaies, nous en faisons très peu. Une journée par an à peine. Après pour ce qui est des rallyes ça va dépendre des périodes de l’année. Il y a une période creuse entre novembre et mars, ou il n’y a quasiment pas de rallye. Sinon c’est de mars à maintenant que tout se fait. On en fait entre 8 et 12 par an. Et il faut savoir qu’un rallye c’est un week-end de compétition précédé d’un week-end de reconnaissance soit 2 week-end. Ça représente beaucoup de temps. En week-end de reconnaissance on a droit à 3 passages sur chaque parcours avec une voiture classique, durant lesquels on repère toutes les particularités de la route. Un rallye est divisé en « spéciales » qui sont des routes barrées déterminées de 5 à 25 km dans la région. Entre ces spéciales on reprend les routes normales, rond-point, feux rouges etc… avec la voiture de course pour rejoindre l’autre spéciale. Et le classement du rallye se fait avec l’accumulation des temps effectués sur toutes ces spéciales.
Il faut tout repérer. En tant que copilote, on a un cahier de notes pour les spéciales et un roadbook qui permet de nous orienter sur le rallye, d’aller d’une spéciale à une autre. C’est très précis et détaillé. Chaque feu rouge, chaque intersection est citée et décrite, parce que c’est sur ces routiers et routes que nous sommes exclusivement assurés. Si on sort du routier et qu’on a un accident nous ne sommes pas assurés. Et le boulot du copilote c’est à la fois d’orienter le pilote sur le routier et de le guider en spéciale. Et le week-end de reconnaissance sert aux deux, pilote et copilote. Sur des rallyes qui ont lieu chez nous, on connait par cœur les routiers, mais ailleurs, pour un rallye à Marseille par exemple, il ne faut pas se tromper, parce qu’on découvre tout. Et parfois le roadbook n’est pas assez clair, on a donc besoin de prendre des notes en plus pour que ce soit suffisamment précis. Pour le jour du rallye. On a aussi des temps de pointage, puisque c’est chronométré. On a par exemple 40 min pour effectuer un routier, et si on arrive en retard on est pénalisé. Ça demande beaucoup de rigueur.

L’école est-elle arrangeante par rapport à cette activité ?
GM : En ce qui me concerne, j’arrive à l’Idrac donc je pense que oui. Je suis allée trouver mon professeur juste avant le départ de la course précédente, pour lui expliquer ce qu’on faisait, pourquoi et comment ça devait se passer puisque j’allais rater des cours etc… Et ça n’a pas été du tout un souci. Oui c’est arrangeant puisque j’ai eu une réponse complétement favorable. Et même Mr Ladet a souhaité nous recevoir pour parler de ce projet, de cette course. Donc oui. Même pour Romain, ça n’a jamais posé de problème.

Toi personnellement qu’est-ce que tu souhaiterais faire à travers cette passion dans le futur ? Comment tu te projettes, quels sont tes rêves ?
GM : Comme tout pilote amateur je rêve de WRC, au même titre que quelqu’un qui roule en karting rêve de formule 1. Moi je rêve de championnat du monde. C’est quelque chose de loin, il y a trop peu d’élus. C’est quasiment impossible d’y accéder. Mais déjà rouler sur une R5 en championnat de France ce serait quelque chose de beau. Mais pour le moment la R5 c’est une voiture à 300 000€. Après si on me dit : R5, Championnat de France, je signe !

Tu es donc co-pilote, on sait que c’est une position particulière mais n’est-ce pas trop de pression ?
GM : C’est de la pression. On est maître de l’organisation de la journée donc on a des périodes d’assistance où on amène la voiture à l’équipe d’assistance pour qu’elle puisse faire toute la mécanique dessus. Et mon boulot c’est de donner le temps restant à l’équipe pour qu’elle puisse gérer. C’est une des responsabilités. Au niveau des heures de pointage pour les courses, on doit pointer avec le dépôt du cahier de route sur la table à des secondes précises. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. Oui c’est beaucoup de pression. Mais après ça dépend de chacun. Et ça dépend du rallye aussi. C’est beaucoup de stress mais c’est aussi du plaisir et de la concentration. En spéciale par exemple, il n’y a pas de stress. On est à fond, dans la voiture, casqués, et là ça ne demande que de la concentration. On n’a même pas le temps d’avoir peur. Là, au rallye de Chalon-sur-Saône, on s’est fait une grosse frayeur à 180km/h, la voiture est complétement partie. On n’a pas eu le temps de crier, il fallait donner les indications au bon moment.

Ça doit vous apporter beaucoup d’adrénaline, c’est stimulant.
GM : Comme tout sport extrême. Mais l’adrénaline est atténuée par la concentration. Il y a eu des sauts où on était à plus de 1 mètre au-dessus de la route sur 10 mètres de long mais comme il y a le virage d’après qui arrive, il faut anticiper et l’annoncer, on n’a pas le temps de penser au saut qu’on est en train de vivre. Tous les co-pilotes n’auront pas la même réponse mais moi je suis trop concentré pour avoir peur et crier. Puis surtout avec Romain, on se fait confiance à 100%. On se connait depuis des années, on en est à un stade de confiance tel que même sur des rallyes qu’on ne connait pas, si je lui dis d’y aller à fond, il est pied au plancher sans réfléchir. On était amis avant les rallyes et on est amis aujourd’hui. Mais comme à l’inverse on se rentre aussi dedans avec la pression et tout, on s’autorise de se dire les choses. On en tire avantage.

Merci Guillaume d’avoir répondu à nos questions. Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
GM : Je voudrais remercier tous nos sponsors. Ils nous suivent depuis le début et je pense que c’est important de les citer.
– U Express de Saint jean du Gard
– BPS Montpellier, merci à Tristan Pellegrin chargée de com chez eux, étudiant de l’Idrac en Bac+ 4 qui nous a signé le contrat
– Le garage J. Durand Auto, Alès
Et merci à l’équipe d’assistance qui nous entoure, qui nous suit pour la mécanique. Ils posent tous leurs congés et prennent leurs week-ends pour nous et se déplacent exprès ! On leur paye le gîte mais ils sont là et nous soutiennent.
Aussi, nous sommes toujours à la recherche de partenaires pour l’année prochaine afin de réaliser notre projet de participation au championnat de France des rallyes junior. A ce sujet, nous avons créé un association loi 1901 : Team Kabrissi Racing, qui permet à tous les sponsors de bénéficier d’une déduction d’impôt sur les dons à hauteur de 66% pour les entreprises et 75% pour les personnes qui payent l’impôt sur la fortune. Notre dossier de sponsoring est disponible sur demande à toutes personnes / entreprises souhaitant le consulter.