En effet, que ce soit sur les bancs des classes primaires ou dans le cadre de leur insertion professionnelle, ce constat semble faire l’unanimité. Dans son enquête publiée en décembre 2008, et portant notamment sur la comparaison des résultats d’une dictée identique faite par des élèves de CM2 entre 1987 et 2007, l’Education Nationale fait état d’une hausse moyenne de 40% de fautes de plus. Lorsque les élèves de CM2 en 1987 font 10.7 fautes en moyenne (pour une dictée d’une dizaine de lignes), les mêmes élèves en 2007 en font 14.7.
Il est d’ailleurs intéressant de constater que les résultats sont sensiblement meilleurs chez les filles que chez les garçons (l’écart est d’ailleurs à peu près constant sur 1987 et 2007). Quant au niveau constaté à l’embauche des jeunes diplômés, les DRH et cabinets de recrutement ne sont pas plus tendres. Pour Wilhelm Laligant, directeur général du cabinet Advancers executive, « Un simple certificat d’études justifiait, jadis, d’une écriture stylée et de la maîtrise de l’orthographe. Aujourd’hui, un bac +5, voire une grande école de commerce ou d’ingénieur, n’est en aucun cas le garant de la bonne utilisation de la langue de Molière ». Les cadres ne sont pas davantage épargnés que les autres, les écarts étant encore plus significatifs sur cette population que sur d’autres.
Alors quelles en sont les raisons ? Un système éducatif et des méthodes pédagogiques qui semblent moins adaptés, et qui en tout cas sont de plus en plus contestés. Des habitudes d’écriture qui ont radicalement changées bien sûr : il est de plus en plus rare d’écrire des courriers à la main, au bénéfice des outils de traitement de texte. Il n’est pas besoin de rappeler l’importance qu’ont pris les langages sms, email, tchat et autres « twits » chez les jeunes, pour lesquels l’orthographe et la syntaxe ne semblent pas être les critères les plus significatifs. Une chose est sûre, un jeune diplômé qui aura eu la bonne idée (et la possibilité, il faut quand même le reconnaître) de prêter une attention toute particulière à son niveau de français aura la bonne surprise de constater que c’est désormais une qualité très rare, et comme le dit le dicton : « Ce qui est rare est cher ».
Source : http://www.focusrh.com/actualites-rh/a-la-une/actualites/2007/10/10/recrutement-en-france-l-orthographe-mise-a-mal.html
Source : http://www.nonfiction.fr/article-2132-lorthographe_na_plus_la_cote_chez_les_jeunes.htm